Aller au contenu principal Aide Panneau de contrôle

Revue de philosophie, littérature, sciences humaines et sociales

Numéros parus «  

Numéro 8 - Figures de Moïse dans la philosophie politique *

 

Le numéro 8 d’Incidence rassemble autour d’un entretien avec Jan Assmann un ensemble de collaboration de très grande qualité, émanant des plus importantes figures de la philosophie française contemporaine, tout en faisant la place à de jeunes chercheurs (D. Lemler et J. Chalier) et en s’honorant de la contribution américaine de R. Bernstein, professeur de philosophie à la prestigieuse New School of Social Research de New York. Richard Bernstein est l’auteur de Freud and the Legacy of Moses. Il est un des principaux interlocuteurs de Jan Assmann sur la lecture de L’Homme Moïse. Bruno Bernardi enseigne au Collège international de philosophie. Auteur d’une nouvelle édition du Contrat social, sa pensée de la modernité politique se concentre autour de l’œuvre de Rousseau. Michèle Cohen-Halimi est professeure à l’Université Paris X. Entendre raison. Essai sur la philosophie pratique de Kant publié en 2005 fait d’elle une des principales spécialistes du philosophe. Bruno Karsenti enseigne à l’EHESS. Sa réflexion sur la philosophie politique se déploie autour du lien avec les sciences sociales (Comte, Durkheim, Mauss) et la figure du « législateur ». Enfin Gérald Sfez apparaît comme le spécialiste de l’œuvre de Lyotard, à travers trois ouvrages consacrés à ce dernier : Lyotard, la partie civile et Jean François Lyotard, la faculté d’une phrase et avec Jean-Claude Milner, Jean François Lyotard, l’exercice du différend

Pour ce numéro, la revue Incidence prend pour thématique la figure de Moïse dans la philosophie politique. La figure de Moïse, et non Moïse, pour éviter l'écueil hagiographique et se permettre d'évoquer son usage par tel ou tel auteur, à telle ou telle époque, sans se soucier d'une illusoire vérité historique. Il se déploie autour des problématiques soulevées par Jan Assmann dans Moïse l’Egyptien et Le prix du monothéisme.

Il semble que la figure de Moïse permet de penser à la fois ce qui inaugure une tradition et ce qui en fait sa dynamique. Chez Assmann, comme chez Freud, on trouve en effet une conceptualisation originale de ce qui permet la permanence, l'effectivité et les transformations ou distorsions d'une tradition. Ces deux auteurs affirment que ce qui est véritablement agissant dans une tradition est ce qui est tu, refoulé, oublié. Si cette idée est suggestive, elle est aussi très difficile : Freud se débat ainsi avec les hypothèses des traces mnésiques archaïques et de l'hérédité des caractères acquis. 

Le numéro 8 interroge la figure de Moïse dans la philosophie politique pour poser les deux questions suivantes : qu'est-ce qu'instituer un peuple ? (Moïse comme figure du législateur qui invente le monothéisme) et qu'est-ce qui permet la permanence d'une tradition ? (la figure de Moïse dans l'histoire comme politisation – nécessaire ? – de la distinction mosaïque). 

 

Jan Assmann, Entretien (traduit de l’allemand) -  Dans un entretien accordé à la revue, Jan Assmann revient sur nombre des thématiques qui traversent son œuvre. *
Richard Bernstein, Jan Assmann, Distinction mosaïque et violence religieuse (traduit de l’américain) -  Dans un dialogue avec Jan Assmann, Richard Bernstein insiste sur la violence qui est inhérente au monothéisme. *
David Lemler, Moïse politique ? Nouage et dénouage du théorique et du pratique dans la philosophie juive médiévale -  Dans le Guide des égarés, Maïmonide noue en Moïse le domaine de la theoria et celui de la praxis. *
Bruno Bernardi, Moïse comme archétype du législateur dans la pensée de Rousseau  -  Bruno Bernardi interroge la figure politique de Moïse dans l’œuvre de Rousseau, et plus particulièrement dans le texte de la profession de foi du vicaire savoyard.
Michèle Cohen-Halimi, Nietzsche et « le peuple le plus fatal de l’histoire universelle » -  Contre l’intolérance à l’histoire qui supporte les discours antisémites de son temps, Nietzsche détermine la rigueur de la méthode généalogique et constitue celle-ci en prisme permettant de saisir tous les écarts irrationnels, fantasmatiques, idéologiques dont procède l’ « aryanisation » du christianisme (Renan, Treitschke, Wagner, Förster, Chamberlain), c’est-à-dire sa constitution en religion sui generis, séparée de tout rapport au judaïsme. Mais la méthode généalogique couplée à la philologie permet également à Nietzsche de tirer profit des découvertes exégétiques de Julius Wellhausen et de relire le Pentateuque comme une compilation de traditions théologiques d’époques distinctes. *
Bruno Karsenti, L’hypothèse du meurtre dans L’Homme Moïse de Freud -  Bruno Karsenti montre comment Freud dans son dernier ouvrage L’Homme Moïse et la religion monothéiste reprend à Ernst Zellin l’hypothèse du meurtre de Moïse et comment Freud rattache celui-ci au « meurtre du père », acte primordial dans l’histoire de la famille humaine, tel qu’il l’ avait retracée dans Totem et Tabou. *
Gerald Sfez, Les Moïse de Lyotard -  La réflexion lyotardienne sur le judaïsme, à partir de lectures conjointes de Freud et Levinas, joue un rôle décisif dans le dispositif de sa pensée sur l’éthique et le politique. *
Partage
* Inviter des participants
* Partager sur Facebook
* Partager sur Twitter
* Partager sur LinkedIn
* Référencer cette page
* Imprimer cette page
Numéros parus »