Numéros parus « Numéro 1 - Qu’est-ce que la parenté ? «
David M. Schneider en attique
L'importance accordée à la procréation et aux faits dits de nature dans les représentations américaines de la parenté, telles qu'elles ont été analysées par David M. Schneider dans American Kinship, se retrouve en fait dans les cultures européennes depuis l'Antiquité. Les sources grecques antiques témoignent clairement de cette continuité.
En Grèce ancienne, en effet, sont parents avant tout ceux qui partagent une même origine et une même identité « naturelle », et ce sont ces liens corporels, physiologiques, qui expliquent les relations affectives et les comportements. Le sang et le sperme sont les principales substances corporelles mentionnées en tant que vecteurs de cette transmission identitaire. Cependant, à la différence de ce qu'enseigne le paradigme génétique actuel, la « communauté organique » ne se limite pas aux relations entre ascendants et descendants, mais se crée également par le mariage, par l'union des corps qui implique une sorte d'assimilation, de processus identitaire similaire à celui qui se joue dans la procréation. De même, jusqu'au début du XXème siècle, il a été souvent considéré qu'un enfant pouvait ressembler non pas à son père mais aux relations antérieures de sa mère.
Si le rôle essentiel joué par le corps et le biologique se retrouve donc sans peine tout au long de l'histoire européenne, il est permis de penser que la diffusion des recherches consacrées aux gènes a pour conséquence de restreindre la reconnaissance d'influences extérieures au couple parental dans la constitution de l'identité individuelle.
Par [category=14]
Mots clés : Grèce ancienne - Parenté - Génétique - Sang

Encore plus ?..